La Reconversion Professionnelle : Un Nouveau Départ Vers l’Avenir

Actuellement en plein virage dans ma vie, je voulais te raconter mon parcours et ce qui m’a menée à songer à une reconversion professionnelle alors que cela n’était absolument pas dans mes projets. Par la suite, nous réfléchirons sur ce qu’est la reconversion, ce qu’elle implique et pourquoi de plus en plus de travailleurs sautent le pas.

Mon parcours scolaire

Si tu suis un peu mon blog ou que tu me connais, tu sais que la reconversion n’a jamais fait partie de mes plans… Depuis que j’ai 9 ans, tout est clair pour moi : « je vais devenir institutrice et je vais aider les plus démunis parce qu’ils souffrent de discrimination et que moi, on m’a éduquée à l’empathie et la tolérance ! ». J’avais ce sentiment de super-héros ! J’avais la chance d’avoir les parents que j’avais, intelligents et ouverts, et j’allais changer le monde ! » Salut, syndrome du sauveur… 👋🏻😇🥲 Et puis, je n’étais pas le genre de petite fille « gnangnan », chouchoute de la maîtresse et inspirée par mon instit… Non, je voulais devenir enseignante pour être tout l’inverse des institutrices que j’avais eues.

Mon déclic

Plus âgée et (légèrement) moins naïve, j’étais toujours convaincue : c’était ma destinée ! Un contrat au « Mac Do » non renouvelé (merci vilain manager frustré de m’avoir permis de réaliser que cela n’était pas moi !) et me voici sur le départ : retour vers la Belgique. La sorteuse fêtarde que j’étais, insouciante (et même stupide), en avait fini ! Il était temps que je « retourne au bercail » et même plus : une vie sage et calme dans le village familial. J’ai décidé de tout quitter et d’aller vivre chez Bonne-maman pour entreprendre des études d’institutrice. Le choc, je vous l’avoue. Une transition un peu perturbante. Mais quand j’ai une idée en tête, elle n’est pas ailleurs… Et puis, finalement, des transitions de vie aussi radicales nous permettent de remettre les compteurs à zéro et de réfléchir à qui on est vraiment.

Cela aurait été si simple… Mais il a fallu que mon « baccalauréat littéraire – option math » nécessite une équivalence en Belgique et que, bien sûr, j’ai dépassé la date d’introduction de la demande (date étant des mois plus tôt, alors que je n’envisageais rien de sérieux concernant études ou avenir…). D’un ridicule cette Union européenne…

Peu importe ! Rien ne pouvait plus m’arrêter ! J’ai poursuivi ces études (durant 4 ans du coup, malgré la réussite d’une première année qui ne comptait pas) contre vents et marrées. Un bébé en début de dernière année, le deuil paternel trois mois plus tard, la cohabitation avec mon oncle autoritaire, et bien sûr j’en passe… Je te raconterai peut-être tout cela un jour… 😅

Un déclic ! Élève peu investie et perdue dans le système, lycéenne peu régulière, adolescente rebelle et paumée, je n’étais pas l’étudiante rêvée et ai obtenu mon Bac par je ne sais quel miracle, aux repêches. Et pourtant… Mes études d’institutrice ont été une véritable révélation. Pour la première fois de ma vie, j’étais impliquée, j’utilisais mes capacités et j’ai même plusieurs fois frôlé l’excellence. Je travaillais sans compter les heures, passionnée par la pédagogie, la gestion de groupe et la didactique. Enfin, je révélais mon potentiel ! Bon, il a fallu que mon bébé imprévu vienne semer le doute quelques mois. Enfin, surtout pour mes proches : moi, je savais qu’il était une raison de plus de m’investir…

Ma vie d’institutrice

Août 2010, premier entretien d’embauche… Me voilà confiante et déterminée à expliquer à quel point je suis douée et passionnée. Il n’en fut rien… La Ville de Bruxelles pleurait après des enseignants (métier en pénurie, que c’est étrange…). C’est donc eux qui me font une « opération séduction »… Je remplace un congé maternité en cinquième primaire (CM2). Une galère sans nom… Dealers de 15 ans, gamins perdus de quartiers abandonnés, 9ème garçon d’une maman complètement dépassée, bagarres quotidiennes, harcèlement, … Des enfants qui parlent à peine français, ne savent pas lire, viennent à l’école avec pour seule intention de me faire la misère… Je n’avais pas imaginé cela ! Je rêvais de mixité, pas de « ghetto »… Je m’accroche, bien-sûr ! Je suis suffisamment forte, j’ai les épaules pour gérer. C’est vrai, il m’arrive de pleurer en rentrant. Souvent. Mais je finis par arrêter d’imiter mes collègues tortionnaires, tout l’inverse de ma formation, et créer une relation positive avec ces « cocos »… Et là, je découvre enfin la magie d’être enseignante, de transmettre, de partager, d’apprendre chaque jour avec eux et de vouloir sans cesse s’améliorer pour ces petits êtres humains, avenir de notre monde de brutes. La remise en question reste pour moi la qualité première d’un enseignant. Par ailleurs, mes collègues sont vraiment adorables et mon directeur très soutenant et encourageant. Finalement, je reste à ce post qui n’était qu’un remplacement, dans cette classe, durant 13 ans. Et les dix premières années ont été formidables !

Tout a basculé…

2020… Le Covid et tout son bazar passent par là et brisent notre métier. Sentiment d’insécurité, stress, révolte quant aux inepties et contradictions, obligation d’exercer l’enseignement « à l’ancienne », valeurs bafouées et, bien sûr, perte de sens

Chaque année, mois, semaines, jours suivants ont été compliqués. Un burn-out, en 2022, que j’ai déjà évoqué, s’en est suivi. Le drame. Je ne m’étais pas préparée à cette éventualité. Cela n’arrivait qu’aux autre… J’étais l’instit’ passionnée qui ne s’arrêtait jamais. J’étais la collègue fatigante qui voulait toujours tout gérer. J’étais la maman qui travaillait non-stop une fois son fils au lit… J’étais la compagne, la sœur, la fille qui ne parlait que d’enseignement et de ses élèves. Et un jour, plus rien ! Le vide. Le néant. Ma raison de vivre s’envolait, ce qui me faisait vibrer me terrassait.

Quatre ans de lutte plus tard, j’ai enfin accepté. Ce burn-out ne s’arrêtera jamais. Du moins, pas de si tôt ! Cela ne sert plus à rien d’épuiser mon énergie et de tirer sur la corde pour un quotidien qui ne me convient plus… Je suis en souffrance et il n’y a que moi qui puisse y remédier. Et sans objectif professionnel, sans m’investir dans un projet, sans stimulation intellectuelle, je ne suis plus moi-même. Les arrêts maladie sont indispensables mais je sens que je ne sors pas la tête de l’eau. Au contraire : la culpabilité vient s’ajouter au mal-être déjà présent.

Pourtant, à chaque vacances, je concevais, plannifiais, créais, … J’adorais ça. Je pensais être rechargée et « au taquet » pour la période ou l’année qui arrivait. Mais la réalité du terrain, les élèves toujours plus complexes qui empêchent les apprentissages, la hiérarchie encore et toujours loin de mes attentes, puis les parents aussi difficiles que leurs enfants m’empêchaient de mener à bien mes missions dans un contexte agréable. J’ai fini par changer d’école et quitter l’école de mon coeur en espérant que cela me « rebooste » et me permette de prendre du recul, imaginant l’herbe plus verte ailleurs. Pas du tout ! J’ai juste perdu mes collègues-amies. 💔 Le cauchemar a continué. J’ai enchainé les problèmes de santé et absences. Un désastre. J’ai lutté, encore. Mais des agressions de parents, des diffamations et menaces de mort ont fini par avoir raison de cette lutte. Et parallèlement, je m’ennuie beaucoup, je ne trouve plus de sens à mon travail qui pourtant était pour moi le plus beau métier du monde.

Parfois, nous devons atteindre l’obscurité pour ensuite pouvoir redécouvrir toutes les couleurs de la vie

Aujourd’hui, au bout de quatre ans de souffrance, je fais le deuil de ma petite vie d’institutrice toute tracée. Nous voici donc en plein dedans : quelle reconversion professionnelle ? Cela fait plusieurs années que j’y songe sans savoir vers quoi me tourner. Je pense avoir fini par trouver une autre vocation, un chemin qui me tient à coeur et me correspond, un challenge qui me stimule. Mais avant de t’en parler, tournons-nous vers un aspect plus théorique et général de la reconversion professionnelle, tout en y ajoutant ma touche personnelle en lien avec mes expériences.

La reconversion professionnelle

C’est un phénomène en plein essor, touchant de plus en plus de personnes désireuses de donner un nouveau souffle à leur carrière. Ce phénomène touche fortement le milieu de l’enseignement. Mais pas seulement ! Que ce soit par choix ou par nécessité, changer de voie professionnelle peut être une aventure enrichissante, mais elle nécessite une réflexion approfondie et une préparation adéquate. Ne nous voilons pas la face : se reconvertir, ça « fout la trouille » !

Pourquoi envisager une reconversion professionnelle ?

  1. Évolution des aspirations personnelles : Avec le temps, nos intérêts et nos valeurs peuvent évoluer. Ce qui nous passionnait hier peut ne plus nous satisfaire aujourd’hui. La reconversion permet d’explorer de nouveaux domaines qui correspondent mieux à nos aspirations actuelles.
  2. Changements dans le marché du travail : L’évolution rapide des technologies et des besoins du marché peut rendre certaines compétences obsolètes, ce qui s’accentuera encore dans les années à venir avec l’Intelligence Artificielle. Se reconvertir peut être une manière de s’adapter et de rester compétitif dans un environnement professionnel en constante mutation.
  3. Recherche d’un meilleur équilibre de vie : Beaucoup de personnes choisissent de se reconvertir pour trouver un emploi qui leur permet de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle, ou pour fuir un environnement de travail stressant. Ce qui est, tu l’auras compris, clairement mon cas.

Les étapes clés de la reconversion

  1. Auto-évaluation : Avant de se lancer, il est essentiel de faire le point sur ses compétences, ses intérêts et ses motivations. Des outils comme des bilans de compétences peuvent aider à clarifier ses objectifs. Je n’ai jamais tenté cela. Je ne sais pas pourquoi. Je restais convaincue que j’étais faite pour l’enseignement et que ça finirait par passer. Aujourd’hui mon moteur est la recherche de mon Ikigaï.
  2. Recherche d’informations : Une fois les objectifs définis, il est important de se renseigner sur les secteurs d’activité qui t’intéressent. Cela inclut la compréhension des exigences, des formations nécessaires et des opportunités d’emploi. Cet aspect de la reconversion, maintenant que je l’envisage sérieusement, est clairement un stress supplémentaire. Comment me lancer dans un autre domaine qui nécessite une formation et des risques financiers alors que je suis fonctionnaire et que j’ai une famille à charge ? Je t’avoue que mes nuits ne sont pas tranquilles…
  3. Formation et développement des compétences : Selon le domaine choisi, il peut être nécessaire de suivre des formations pour acquérir de nouvelles compétences. Cela peut se faire par le biais de cours en ligne, de formations professionnelles ou même de stages. Ce qui m’enthousiasme particulièrement : j’adore apprendre. En revanche, les coûts des formations sont exorbitants ! Encore de l’anxiété… 🥲
  4. Réseautage : Établir des contacts dans le nouveau domaine peut faciliter la transition. Participer à des événements, rejoindre des groupes professionnels ou utiliser des plateformes comme LinkedIn peut s’avérer très bénéfique. Pour ma part, après avoir supprimé plus de 1000 abonnés sur Instagram, je rêve d’une communauté engagée et soutenante qui pourrait s’intéresser de près aux services que je compte fournir. C’est aussi pour cette raison que j’ouvre un blog, envisage un podcast. Mais cela ne suffira pas : je continue de voir large.
  5. Plan d’action : Élaborer un plan concret avec des étapes claires et des objectifs à court et moyen terme peut aider à structurer la reconversion et à rester motivé. Ça, c’est fait. J’établis des plans lors d’insomnies et réfléchis sans cesse au meilleur moyen de mettre en place cette reconversion sans heurter ou pénaliser mes proches.

Les défis de la reconversion

Bien que la reconversion professionnelle soit une opportunité excitante, elle peut également présenter des défis. L’incertitude, la peur de l’échec et le besoin d’adaptation à un nouvel environnement peuvent être sources de stress. Et je sais à quel point le stress est nocif et dévastateur… Il est crucial de rester flexible et de garder une attitude positive face aux obstacles. Je reste persuadée que j’y arriverai et qu’il n’y a pas de plan B. J’adopte un état d’esprit de guerrière et reste concentrée sur moi, celle que je suis, et mes objectifs, celle que je veux être.

Conclusion

La reconversion professionnelle est un parcours qui peut mener à une vie professionnelle plus épanouissante et alignée avec ses valeurs, ce qui n’est pas négligeable. Et tu t’en doutes, ma reconversion ne pourra que rester dans un domaine social et de service, valeurs qui me correspondent. Les défis de prise de recul et de gestion de mon empathie, souvent excessive, restent d’actualité… Avec une préparation adéquate et une volonté d’apprendre, il est possible de transformer cette étape en une véritable opportunité de croissance personnelle et professionnelle. En tout cas, cette reconversion m’incite à travailler énormément sur moi-même et mon développement personnel. Jamais, sans cette situation de désespoir, je n’aurais croisé le chemin de l’Ikigaï, cette philosophie qui correspond tellement à mes besoins actuels. Que vous envisagiez de changer de secteur, de créer votre propre entreprise ou de vous lancer dans une nouvelle aventure, rappelez-vous que chaque nouveau départ est une chance de redéfinir votre avenir. Vous êtes le seul maitre de votre destin. Nous sommes les seuls maitres de notre futur. Et n’oublions pas que la vie est éphémère et qu’elle n’a pas de plan B…

A ton avis, vers quelle emploi vais-je me reconvertir ?
Et toi, as-tu déjà songé à une reconversion professionnelle ? L’as-tu vécue ?


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