39 ans, je fais le bilan

Dans 8 mois, je soufflerai mes 40 bougies. C’est fou comme cette dizaine semble chargé de symboles et de promesses. Je ne vais pas prétendre que je suis prête. Mais j’y mets tellement d’espoir qu’il me semble essentiel de commencer à préparer ce moment, comme on façonne un cocon avant une métamorphose.

Alors, j’ai pris une pause, un peu comme on s’arrête au milieu d’une randonnée pour observer le chemin parcouru. Entre les belles éclaircies et les passages plus escarpés, la vie est faite de beaux souvenirs et de moments plus douloureux. Les deux nous permettent de nous construire et de nous forger.

Mes réussites

Quand je pense à ce que j’ai construit, je suis partagée entre un mélange de fierté et de gratitude.

Mes deux fils : Intelligents, sportifs, sensibles et drôles, nous passons de nombreux moments en famille et discutons énormément. Même si l’adolescence nous fait quotidiennement de violents et sournois croches-pieds, je vois en eux tout ce que j’ai de plus précieux. Ils mangent équilibré (la plupart du temps 😛 ) et ne sont pas constamment scotchés aux écrans (pas par choix évidemment). Est-ce que ça fait de moi une maman « relou » ? Peut-être. Mais c’est le prix à payer pour les voir bien grandir, malgré les conflits. Je m’accroche à l’espoir qu’ils finiront par comprendre que ces contraintes sont aussi ma manière à moi de les aimer, en leur souhaitant le meilleur avenir possible.

Un amour sincère : Mon conjoint m’aime telle que je suis. Pas “malgré mes failles”, non. Avec mes failles, pleinement. Il a appris à comprendre que ma santé mentale n’est pas un luxe mais une priorité, pour moi comme pour notre famille. Notre complicité est toujours plus forte et nous trouvons un équilibre indispensable.

Un endroit où je me sens chez moi : Cet été, sur un coup de tête, nous avons quitté notre appartement bruxellois pour un nouvel environnement rural. Cette maison dans le village familial, c’est plus qu’un toit. C’est un petit havre de paix, un retour aux sources, un rêve d’enfant. Tant à l’intérieur de nos murs qu’aux alentours, le cadre est idéal pour mon épanouissement et celui de la famille, y compris de nos poilus. J’ai toujours été une citadine. Mais une citadine en quête de nature et de grand air.

Des relations précieuses : Ma maman, même à distance, m’apporte toujours cette douceur et cet amour inconditionnel. Mon frère et moi, inséparables, partageons nos passions, entre guitare et course à pied. Et ma voisine n’est autre que ma grand-mère, un trésor que peu peuvent se vanter d’avoir. Ma marraine reste un guide qui m’encourage toujours. Mes cousins et cousines m’apportent bienveillance et partage.

Des amies rares et vraies : Des femmes extraordinaires, proches ou lointaines, qui m’aiment comme je suis, sans filtre ni masque. Avec elles, je peux tout dire, tout être. On peut se voir tous les jours ou tous les ans : cela ne change rien.

Mes freins

Mais soyons honnêtes, tout n’est pas rose comme les pétales du Sakura. La vie a aussi son lot de nœuds, et ils me serrent parfois un peu trop fort.

Mon métier, un rêve qui m’a usée : J’ai toujours voulu enseigner. Etre institutrice était ma vocation, mon appel. Je me suis jetée corps et âme dans ce que je voyais plus comme une passion qu’un travail. Mais 14 ans plus tard, c’est aussi ce qui m’a menée au burn-out. J’en parlerai un peu plus longuement dans un autre article mais cette épreuve inattendue et douloureuse m’a mise à terre. Je me reconstruis, doucement, mais la charge mentale, la culpabilité et l’incompréhension des autres restent un combat de chaque jour.

Mon corps devenu étranger : 22 kilos en trois ans, un cauchemar. Une santé qui vacille et m’empêche de vivre pleinement ma vie. Une fatigue qui m’accompagne chaque matin, chaque soir. Mon corps n’est plus mon allié et c’est une douleur que je n’ai pas encore appris à apaiser. Je n’en vois pas le bout et désespère de me sentir bien dans ma peau.

Les défis d’être maman : Oui, mes fils sont merveilleux, mais ils me testent, comme tous les enfants. La maman stricte que je suis doit parfois attendre la reconnaissance qui viendra… un jour. Enfin, je l’espère.

La distance et la peur : Ma maman, si essentielle à mon équilibre, est trop loin. Et la santé fragile de mes proches me terrifie parfois. J’aimerais tant pouvoir les protéger davantage, mais certaines choses échappent à notre contrôle.

Pourquoi ce bilan ?

Parce que, pour moi, la quarantaine est plus qu’un simple cap. C’est comme une promesse, un point de départ. J’ai envie de croire que je peux encore me réinventer, retrouver cet équilibre entre tout ce que j’aime et tout ce que je supporte. Faire le bilan de ma situation actuelle me permet de prendre du recul et de visualiser l’avenir.

Ce chemin est loin d’être tout tracé, mais j’ai envie de l’arpenter à ma façon, en acceptant chaque étape. Des projets plein la tête, écrire et partager mes pensées m’aide à avancer. Partager, échanger, est d’ailleurs primordial pour moi. Alors, je me demande :

Et vous, si vous faisiez un bilan aujourd’hui, que trouveriez-vous ? Quels sont vos réussites et vos freins ?

Parce que, finalement, ces listes ne sont pas des jugements, mais des invitations à réfléchir, à respirer, et peut-être à transformer nos 40 ans en une aventure qui nous ressemble.


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